Un circuit dans les Pouilles tourne autour de trois temps forts : les trulli d’Alberobello et de la vallée d’Itria, le centre baroque de Lecce et les villes blanches de la côte adriatique, de Polignano a Mare à Otrante. L’ordre le plus logique descend du nord vers le sud, de Bari jusqu’au Salento. Prévoyez au moins une journée pleine par grande étape, et visez le printemps ou le début de l’automne si vous voulez marcher dans les vieilles villes sans la chaleur de l’été.
Que voir en priorité lors d’un circuit dans les Pouilles ?
Les Pouilles forment le talon de la botte italienne, et la région se lit en trois paysages. Vous passez des collines de l’intérieur, couvertes d’oliviers et de petites maisons coniques, à une ville entière sculptée dans une pierre claire, puis à des falaises qui tombent dans l’Adriatique.
Si vous manquez de temps, ces trois étapes suffisent à comprendre la région :
- Alberobello et la vallée d’Itria, pour les trulli en pierre sèche et leurs toits en cône.
- Lecce, pour son baroque et la basilique Santa Croce.
- La côte adriatique, pour Polignano a Mare, Ostuni et Otrante.
Ces trois étapes tiennent sur un même axe, ce qui permet de les relier sans revenir sur vos pas. Le circuit dans les Pouilles de Thellier Voyages suit cette logique sur 25 jours, en camping-car : vous venez avec votre propre véhicule, un accompagnateur reste avec le groupe du début à la fin, et le parcours va du massif du Gargano jusqu’au Salento avant de remonter vers Matera et la Calabre.
Dans quel ordre enchaîner les étapes ?

En partant de Bari, la côte vous mène d’abord à Polignano a Mare et Monopoli. Vous montez ensuite vers la vallée d’Itria, avec Alberobello, Locorotondo et Martina Franca, puis vous redescendez sur Ostuni avant de filer vers Lecce. Otrante ferme la boucle, sur la pointe orientale du Salento.
Cet ordre évite les allers-retours entre l’intérieur et la mer. Il garde aussi Lecce pour la fin, quand vous avez déjà vu les villages et que la ville baroque change vraiment de décor.
Combien de jours prévoir sur place ?
Pour les seules étapes de cet article, une semaine permet de voir l’essentiel sans courir. Si vous ajoutez le Gargano au nord ou Matera à l’ouest, comptez davantage.
Le circuit en camping-car de Thellier Voyages donne un ordre d’idée pour un voyage complet : 1 425 km sur 25 jours, environ 120 km par jour de route en moyenne, et 13 journées sans conduite pour visiter. Ce rythme laisse le temps de s’arrêter, ce qui compte dans une région où chaque village mérite une halte.
Les trulli d’Alberobello et de la vallée d’Itria
Alberobello est souvent l’image qu’on associe d’abord aux Pouilles. La ville, rattachée à la ville métropolitaine de Bari, regroupe ses trulli dans deux quartiers : Monti, le plus visité, où beaucoup de maisons sont devenues des boutiques, et Aia Piccola, resté résidentiel et plus calme.
Les trulli d'Alberobello sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996. La ville en compte environ 1 500, répartis entre les quartiers Monti et Aia Piccola.
Comment les trulli sont-ils construits ?
Un trullo est une maison en pierre sèche, montée sans mortier. Son toit conique est fait de dalles calcaires, les chiancarelle, posées en couches qui penchent vers l’extérieur pour évacuer la pluie.
Levez les yeux en marchant : certains cônes portent des symboles peints à la chaux, souvent chrétiens. Pour le détail de la technique, la page de Wikipédia consacrée à l’architecture du trullo décrit la voûte et ses matériaux.
Locorotondo, Martina Franca et Cisternino
La vallée d’Itria est la zone où les trulli sont les plus nombreux, bien au-delà d’Alberobello. Trois villes voisines valent un détour :
- Locorotondo, dont le centre circulaire, bâti sur une colline, a donné son nom au village (« lieu rond »).
- Martina Franca, avec ses portes baroques, son palais ducal achevé en 1668 et la basilique San Martino.
- Cisternino, pour une halte plus courte dans ses ruelles.
Entre ces villes, la route traverse des champs d’oliviers et des trulli isolés. C’est souvent sur ces petites routes que la région se montre le mieux.
Lecce et son baroque taillé dans la pierre
Lecce est surnommée la Florence du Sud ou la Florence baroque. Son centre doit ce style, le barocco leccese, à la pierre locale.
La pierre de Lecce est un calcaire tendre et blanchâtre, très facile à sculpter, qui prend une couleur chaude et dorée en vieillissant.
Comme elle se travaille sans peine, les sculpteurs ont pu couvrir les façades de fruits, d’animaux et de personnages. Le résultat se voit dans tout le centre historique.
La basilique Santa Croce

Santa Croce est le monument à ne pas manquer. Le chantier commence en 1549 et s’étale sur près d’un siècle, avec plusieurs architectes : Gabriele Riccardi pour la partie basse et la coupole, puis Francesco Antonio Zimbalo pour les portails, Giuseppe Zimbalo et Cesare Penna pour le haut de la façade.
Prenez le temps de regarder la rosace et le balcon ouvragé qui court au-dessus des portes. Juste à côté, l’ancien palais des Célestins prolonge la même façade sculptée.
La piazza del Duomo et l’amphithéâtre romain
La piazza del Duomo ressemble à un décor de théâtre : la cathédrale, le campanile et les palais qui l’entourent forment un ensemble fermé, tout en pierre dorée.
À quelques minutes à pied, la place Sant’Oronzo cache un amphithéâtre romain des Ier et IIe siècles, dégagé au XXe siècle. Il rappelle que Lecce était déjà une ville importante bien avant le baroque.
Que voir sur la côte adriatique ?
La côte relie toutes les étapes du circuit et offre les plus belles pauses. Elle alterne falaises, criques et petits ports.
Polignano a Mare et Monopoli

Polignano a Mare est perchée sur des falaises calcaires, à pic au-dessus de la mer. Le point de vue le plus connu se trouve sur la crique de Lama Monachile, enjambée par un pont d’époque romaine de l’ancienne Via Traiana.
Sur la promenade, une statue de Domenico Modugno, l’auteur de « Volare », tourne le dos à la mer. Monopoli, juste au sud, prolonge la balade le long de la côte.
Ostuni, la ville blanche
Ostuni est perchée sur trois collines, à 8 km de la côte. Ses maisons blanchies à la chaux lui valent le surnom de ville blanche, et la cathédrale de l’Assomption occupe le point le plus haut.
Montez jusqu’à la cathédrale en fin de journée : la vue porte sur la plaine d’oliviers qui descend vers la mer.
Otrante, tout au bout de l’Italie
Otrante se trouve à l’extrémité orientale de la péninsule du Salento, à environ 35 km au sud-est de Lecce. Le phare de la Palascìa, au cap d’Otrante, marque le point le plus oriental du pays.
Dans la cathédrale, consacrée en 1088, regardez le sol : une grande mosaïque réalisée par le moine Pantaleone dans les années 1160 couvre la nef.
Quand partir et comment circuler sur place ?
En plein été, la chaleur rend les visites à pied pénibles en milieu de journée et les plages se remplissent. Le printemps et le début de l’automne laissent plus de place, et c’est d’ailleurs en juin que part le circuit en camping-car évoqué plus haut.
Sur la route, quelques réflexes vous évitent de mauvaises surprises :
- Garez-vous à l’extérieur des vieilles villes : les rues de Lecce, d’Ostuni ou de Polignano sont étroites, et un camping-car n’y passe pas.
- Repérez les panneaux de zone à trafic limité en Italie avant d’entrer dans un centre historique : le passage est filmé et l’amende arrive parfois des mois après le retour.
- Gardez les visites de Lecce et d’Otrante pour le matin ou la fin d’après-midi, quand la pierre prend sa couleur la plus chaude.
Photo de couverture : trulli du quartier Monti à Alberobello, Istvánka / CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.